FADS1 & FADS2
Les gènes qui déterminent notre capacité à convertir les acides gras essentiels.
Oméga-6 et génotypage FADS1/FADS2 : pourquoi notre capacité à convertir l'acide linoléique n'est pas universelle.
Chaque grande famille d'acides gras commence par un acide gras essentiel que le corps humain ne peut pas fabriquer et doit trouver dans l'alimentation. Pour les oméga-6, c'est l'acide linoléique. Pour les oméga-3, c'est l'acide alpha-linoléique. Ces deux acides gras constituaient autrefois ce qu'on appelait la vitamine F.
À partir de ces points de départ, le corps fabrique par une série de transformations enzymatiques alternées des molécules de plus en plus complexes et actives. La séquence est : désaturase, élongase, désaturase, élongase, désaturase. Les oméga-3 et les oméga-6 partagent exactement les mêmes enzymes, FADS2 (delta-6 désaturase) et FADS1 (delta-5 désaturase). Cette compétition pour les mêmes outils enzymatiques explique pourquoi le ratio oméga-6/oméga-3 dans l'alimentation a des conséquences directes sur la composition de nos cellules.
Les gènes FADS1 et FADS2 existent sous différentes versions appelées polymorphismes. Selon la version héritée, les enzymes fonctionnent plus ou moins efficacement. Environ un tiers de la population serait homozygote fort sur ces deux gènes : leurs enzymes convertissent rapidement l'acide linoléique jusqu'à l'acide arachidonique. Pour ces personnes, un excès d'oméga-6 dans l'alimentation peut alimenter des processus inflammatoires. La mise en garde habituelle les concerne pleinement.
Pour les autres, diaboliser tous les oméga-6 est une erreur. Se priver d'acide linoléique, c'est aussi se priver du GLA et du DGLA, les maillons bénéfiques de la chaîne, quasi introuvables par d'autres voies alimentaires. Le GLA joue un rôle reconnu dans le syndrome prémenstruel, la santé de la peau et la régulation de l'inflammation. Le DGLA produit des prostaglandines de série 1 anti-inflammatoires.
Un mauvais convertisseur génétique ne bénéficiera pas davantage des oméga-3 végétaux, car les mêmes enzymes défaillantes gèrent aussi cette conversion. Ce profil a besoin d'EPA et de DHA directement sous forme préformée, huile de poisson ou microalgues.
Il n'existe pas de protocole universel sur les oméga-6. Seul un génotypage FADS1/FADS2 associé à un dosage des acides gras érythrocytaires permet une approche personnalisée. Parlez-en à notre thérapeute.
Références scientifiques : Chilton FH et al. Frontiers in Nutrition 2021 https://www.frontiersin.org/journals/nutrition/articles/10.3389/fnut.2021.808054/full Batista LD et al. Metabolites 2025 https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12735183/ Martinelli N et al. Am J Clin Nutr 2008 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18842780/ Molto-Puigmarti C et al. J Nutr 2010 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18936223/ OCL Journal 2021 https://www.ocl-journal.org/articles/ocl/full_html/2021/01/ocl210018/ocl210018.html