Environ dix millions de milliards de mitochondries dans notre corps.
Le mitobiote,
l'autre population invisible qui nous fait vivre

Vous abritez environ dix millions de milliards de mitochondries. Imaginez-les comme de minuscules centrales électriques nichées à l'intérieur de chacune de nos cellules. Leur production : l'ATP, la pile rechargeable qui fait battre notre cœur, penser notre cerveau, contracter nos muscles. On parle souvent du microbiote intestinal, ce peuple de bactéries qui vit dans nos intestins. Beaucoup moins du mitobiote, l'autre peuple, intérieur celui-là, formé par ces centrales. Curiosité de l'évolution : elles descendent d'anciennes bactéries avalées il y a deux milliards d'années, et elles continuent aujourd'hui de dialoguer en permanence avec les bactéries de notre intestin.
Elles produisent l'ATP qui fait battre notre cœur et penser notre cerveau.
Microbiote et mitochondries se parlent en permanence via les AGCC et le LPS.
Biogenèse et mitophagie sont stimulées par exercice, jeûne et froid.
CoQ10, magnésium, NAD+, polyphénols et oméga-3 soutiennent la fonction.
Quand nos centrales énergétiques fatiguent
Une mitochondrie qui souffre, c'est une cellule qui produit moins d'énergie, dégage plus de 'fumée' (les fameux radicaux libres) et finit par allumer un petit feu d'inflammation. Fatigue chronique, intolérance à l'effort, brouillard cognitif, troubles du métabolisme : la signature de centrales en panne est partout, mais rarement nommée. L'âge, les polluants du quotidien, certains médicaments, la sédentarité et l'alimentation ultra-transformée fragilisent ces centrales.
Bonne nouvelle : les mitochondries sont étonnamment plastiques. Elles se multiplient (la biogenèse, c'est-à-dire la naissance de nouvelles centrales), se nettoient elles-mêmes (la mitophagie, le recyclage des centrales fatiguées), se renouvellent en réponse à l'exercice physique, au jeûne intermittent, à l'exposition au froid, et à quelques nutriments précis : coenzyme Q10, magnésium, NAD+, polyphénols (thé vert, baies, cacao), oméga-3.
Deux populations, une seule conversation
Nos bactéries intestinales fabriquent toutes sortes de petites molécules qui parlent directement à nos centrales énergétiques : des acides gras à chaîne courte (le carburant préféré des cellules du côlon), des fragments d'enveloppe bactérienne (les fameux LPS), des vitamines. À l'inverse, des mitochondries en bonne forme entretiennent la paroi de l'intestin. Soigner l'un sans l'autre revient à n'arroser qu'une moitié de notre jardin.
L'exploration ci-dessous parcourt cette physiologie pas à pas : à quoi ressemble une mitochondrie de l'intérieur, comment elle dialogue avec le microbiote, les leviers concrets et les biomarqueurs à connaître.
Découvrez notre mitobiote
Une exploration guidée pour comprendre ce que font nos mitochondries et comment les soutenir.

Vous connaissez le microbiote... mais connaissez-vous le mitobiote ?
Vous avez entendu parler du microbiote, cette communauté de bactéries qui gouverne une bonne partie de notre santé. Mais saviez-vous que nos cellules abritent un autre empire tout aussi décisif qui orchestre notre vitalité, notre humeur et notre clarté mentale ?
Toutes les informations de cette exploration sont issues de publications scientifiques validées. Les liens vers ces parutions sont listés à la fin du sujet.
Cette exploration est éducative. Elle ne remplace pas un avis médical. Toute supplémentation ou modification d'un traitement doit être discutée avec un professionnel de santé. Mentions et conditions →
- Picard M, Wallace DC, Burelle Y.. « The rise of mitochondrial epigenetics: emerging evidence and implications ». Mitochondrion, 2016.
- Wallace DC.. « A mitochondrial bioenergetic etiology of disease ». J Clin Invest, 2013.
- Saint-Georges-Chaumet Y, Edeas M.. « Microbiota-mitochondria inter-talk: consequence for microbiota-host interaction ». Pathog Dis, 2016.
- Picard M, Shirihai OS.. « Mitochondrial signal transduction ». Cell Metab, 2022.