Comment ça marche ?
Après un repas, les cellules L de l'intestin libèrent le , une hormone peptidique qui fait trois choses à la fois : elle stimule la sécrétion d'insuline quand la glycémie monte, elle ralentit la vidange gastrique, et elle informe les centres cérébraux de l'appétit que le repas a eu lieu. Ce GLP-1 naturel est détruit en quelques minutes.
Le sémaglutide est un du du GLP-1 : une copie modifiée de l'hormone, conçue pour résister à la dégradation et rester active une semaine entière au lieu de quelques minutes. Le signal de satiété, au lieu d'être un pic après le repas, devient un fond continu. C'est toute la mécanique de l'effet coupe-faim.
Le tirzépatide fait la même chose, plus une deuxième. C'est un double agoniste : il active le récepteur du GLP-1 et celui du , la seconde hormone incrétine, sécrétée plus haut dans le tube digestif. Le GIP agit sur l'insuline et sur le tissu adipeux, et son ajout semble amplifier l'effet métabolique sans multiplier proportionnellement les effets digestifs. Cette différence de cible est la distinction principale entre les deux molécules, et une des explications avancées de l'écart d'efficacité observé dans les essais.
Le mécanisme de l'hormone naturelle, et les leviers alimentaires qui l'amplifient, sont détaillés dans comment fonctionne le GLP-1 endogène.
Qu'est-ce qui est approuvé, et depuis quand ?
Les deux molécules disposent d'une européenne et américaine, obtenue après des portant sur plusieurs dizaines de milliers de participants au total.
Statut réglementaire au 7 août 2026
- Sémaglutide. Diabète de type 2 : Ozempic (injectable hebdomadaire, 0,25 à 2 mg) et Rybelsus (comprimé quotidien). Gestion du poids : Wegovy, 2,4 mg par semaine, chez l'adulte avec un IMC ≥ 30, ou ≥ 27 avec une comorbidité liée au poids. Autorisé par l'EMA et la FDA.
- Tirzépatide. Diabète de type 2 et gestion du poids, sous le nom de Mounjaro en Europe (2,5 à 15 mg par semaine ; commercialisé aux États-Unis sous les noms Mounjaro et Zepbound selon l'indication). Autorisé par l'EMA et la FDA.
- Dans les deux cas : médicament soumis à prescription, avec titration progressive de la dose et suivi médical. Aucune de ces molécules n'est un complément alimentaire, et aucune ne s'achète légalement hors circuit pharmaceutique.
Ce que montrent les essais. STEP 1 (Wilding et al., NEJM 2021, 1 961 adultes en obésité) : perte de poids moyenne de 14,9 % à 68 semaines sous sémaglutide 2,4 mg par semaine, contre 2,4 % sous placebo. SURMOUNT-1 (Jastreboff et al., NEJM 2022, 2 539 adultes) : 20,9 % à 72 semaines sous tirzépatide 15 mg, contre 3,1 % sous placebo. Chez les personnes diabétiques de type 2, la HbA1c baisse en moyenne de 1,5 point sous sémaglutide.
Ces deux chiffres proviennent de protocoles distincts, avec des durées et des populations différentes : ils se comparent avec prudence, aucun essai tête-à-tête n'ayant été conçu pour les départager sur ce critère.
Ce que les essais montrent aussi. Les effets indésirables sont majoritairement digestifs : nausées (environ 25 %), diarrhées (12 %), constipation (10 %). Plus rares et graves : pancréatite aiguë, lithiase biliaire, gastroparésie parfois prolongée. Une part notable de la perte de poids porte sur la masse maigre. Et à l'arrêt, STEP 4 (Rubino et al., JAMA 2021) documente la reprise d'environ deux tiers du poids perdu en un an.
Le détail des effets indésirables, des contre-indications et la comparaison avec la berbérine sont traités dans l'article Ozempic contre berbérine, qui reprend les mêmes essais et les mêmes chiffres.
Qu'est-ce qui est encore à l'étude ?
La classe s'étend au-delà du diabète et de l'obésité, mais chaque indication suit son propre calendrier réglementaire. Il faut distinguer ce qui est autorisé, ce qui repose sur un essai de phase III publié, et ce qui n'est encore qu'un signal de phase II.
Niveau de preuve, indication par indication
- Risque cardiovasculaire. SELECT (Lincoff et al., NEJM 2023, 17 604 participants en obésité sans diabète) : réduction de 20 % des événements cardiovasculaires majeurs sous sémaglutide 2,4 mg. Phase III, indication reconnue par les régulateurs.
- Apnée obstructive du sommeil. SURMOUNT-OSA (Malhotra et al., NEJM 2024, 469 participants) : réduction significative de l'index apnées-hypopnées sous tirzépatide. Phase III, échantillon modeste.
- Addictions, maladie rénale, foie stéatosique, cognition. Programmes en cours à des stades variables. Les données publiées restent, pour plusieurs de ces pistes, préliminaires ou observationnelles : elles ne fondent aucune prescription hors indication.
- Rétatrutide. Triple agoniste (GLP-1, GIP et glucagon), évalué dans un publié (Jastreboff et al., NEJM 2023, 338 participants) montrant une perte de poids moyenne de 24,2 % à 48 semaines à la dose la plus élevée. Aucune autorisation de mise sur le marché : ce résultat, obtenu sur un effectif dix fois inférieur à SURMOUNT-1, attend confirmation en phase III.
Une conséquence pratique : les molécules encore en développement, rétatrutide en tête, circulent déjà sur le marché non régulé sous l'étiquette « research use only ». Elles relèvent alors exactement des mêmes risques que les peptides du Parcours 2 : identité, dosage et pureté garantis par personne.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le sémaglutide et le tirzépatide ?
Le sémaglutide est un agoniste d'un seul récepteur, celui du GLP-1. Le tirzépatide en active deux : celui du GLP-1 et celui du GIP, la seconde hormone incrétine intestinale. Cette double action explique une partie de la différence d'efficacité observée : 14,9 % de perte de poids moyenne à 68 semaines sous sémaglutide 2,4 mg dans l'essai STEP 1, contre 20,9 % à 72 semaines sous tirzépatide 15 mg dans SURMOUNT-1. Aucun essai comparatif direct n'a été conçu pour départager ces deux chiffres, obtenus dans des protocoles différents.
Le sémaglutide et le tirzépatide sont-ils approuvés en Europe ?
Oui, tous les deux, avec des indications distinctes selon le nom commercial. Le sémaglutide est autorisé par l'EMA dans le diabète de type 2 (Ozempic, injectable, et Rybelsus, oral) et, à la dose de 2,4 mg par semaine, dans la gestion du poids chez l'adulte en obésité ou en surpoids avec comorbidité (Wegovy). Le tirzépatide est autorisé dans le diabète de type 2 et dans la gestion du poids sous le nom de Mounjaro. Ce sont des médicaments soumis à prescription et à suivi médical.
Que se passe-t-il à l'arrêt du traitement ?
La perte de poids se reprend en grande partie. L'essai STEP 4 (Rubino et al., JAMA 2021) documente qu'environ deux tiers du poids perdu sont repris dans l'année qui suit l'arrêt. Le mécanisme est logique : l'effet sur l'appétit disparaît avec la molécule, alors que la masse musculaire perdue et le métabolisme de repos abaissé, eux, persistent.
Quels sont les effets indésirables les plus fréquents ?
Ils sont d'abord digestifs et liés au ralentissement de la vidange gastrique : nausées (environ 25 % des participants dans les essais), diarrhées (12 %), constipation (10 %), vomissements. Plus rares mais graves : pancréatite aiguë, lithiase biliaire favorisée par une perte de poids rapide, gastroparésie parfois prolongée. Une part importante de la perte de poids provient de la masse maigre, ce qui rend l'apport protéique et le renforcement musculaire indispensables.
Le rétatrutide est-il disponible ?
Non. Le rétatrutide, qui agit sur trois récepteurs (GLP-1, GIP et glucagon), n'a franchi à ce jour qu'un essai de phase II publié (Jastreboff et al., NEJM 2023, 338 participants). Il n'a aucune autorisation de mise sur le marché. Tout produit vendu sous ce nom en dehors d'un essai clinique provient du marché non régulé.
Pour aller plus loin
- Comment fonctionne le GLP-1 endogène : l'hormone naturelle et les leviers alimentaires qui l'amplifient.
- Ozempic contre berbérine : comparatif détaillé, effets indésirables et interactions.
- Ce que votre assiette fait qu'Ozempic ne fait pas
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Veille peptides : mise à jour mensuelle
Ce dossier fait l'objet d'une relecture mensuelle. Sont surveillés chaque mois : les publications indexées PubMed sur les peptides concernés, les communications de l'EMA et de la FDA (alertes, retraits, nouvelles autorisations), les mises à jour de la liste des interdictions de l'AMA, ainsi que les avis de l'ANSM sur les produits vendus en ligne. Toute donnée nouvelle modifiant une conclusion est intégrée au texte et ajoutée aux sources.
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Sources
- Wilding JPH et al. Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity (STEP 1). New England Journal of Medicine, 2021;384:989-1002. : DOI : 10.1056/NEJMoa2032183
- Jastreboff AM et al. Tirzepatide Once Weekly for the Treatment of Obesity (SURMOUNT-1). New England Journal of Medicine, 2022;387:205-216. : DOI : 10.1056/NEJMoa2206038
- European Medicines Agency : Wegovy (semaglutide), European public assessment report.
- European Medicines Agency : Mounjaro (tirzepatide), European public assessment report.
- Lincoff AM et al. Semaglutide and Cardiovascular Outcomes in Obesity without Diabetes (SELECT, N = 17 604). New England Journal of Medicine, 2023;389:2221-2232. : DOI : 10.1056/NEJMoa2307563
- Jastreboff AM et al. Triple-Hormone-Receptor Agonist Retatrutide for Obesity : A Phase 2 Trial (N = 338). New England Journal of Medicine, 2023;389:514-526. : DOI : 10.1056/NEJMoa2301972
- Malhotra A et al. Tirzepatide for the Treatment of Obstructive Sleep Apnea and Obesity (SURMOUNT-OSA, N = 469). New England Journal of Medicine, 2024;391:1193-1205. : DOI : 10.1056/NEJMoa2404881
- Rubino D et al. Effect of Continued Weekly Subcutaneous Semaglutide vs Placebo on Weight Loss Maintenance (STEP 4). JAMA, 2021;325:1414-1425. : DOI : 10.1001/jama.2021.3224
Rédigé et vérifié par Catherine Piault, naturopathe · Dernière vérification :